LA GRAMMAIRE

 



Qu’est-ce que la grammaire ?

 

On peut définir la grammaire comme  étant «l’ensemble des règles qui permettent de combiner les unités linguistiques d'une langue pour former des phrases ». C’est aussi une description du fonctionnement d'une langue donnée, de la structure des phrases et de leur combinaison dans la production d’énoncés.

Le français a connu et connaît toujours divers types de grammaires qui sont souvent en concurrence. On parle de :

- grammaire traditionnelle,

- grammaire normative,

- grammaire structurale,

- grammaire générative…

Si certains penseurs estiment qu’il est inutile d’enseigner la grammaire de manière explicite à l’école, puisqu’elle n’aiderait en rien l’apprentissage, beaucoup d’autres pensent que la grammaire favoriserait un enseignement « raisonné » de la langue. Les connaissances orthographiques et morphosyntaxiques soutiennent l’acquisition de la langue orale et écrite et permettent par la suite de comprendre le fonctionnement de la pensée.

Comment enseigner la grammaire ?

Le contenu grammatical à enseigner dans un cycle scolaire s’articule en une progression allant des notions les plus simples aux notions les plus complexes. La progression en spirale s’avère plus adaptée dans le cas de l’enseignement d’une langue étrangère. Un approfondissement continuel, niveau après niveau est propre à faire découvrir de nouvelles dimensions.

En matière d’enseignement, la leçon de grammaire s’apparente à la « leçon de choses ». En effet, un corpus est présenté aux élèves à propos duquel des hypothèses sur le fonctionnement du fait de langue étudié sont formulées. Par un jeu de questions et de manipulation des données, les apprenants parviennent à dégager des règles de fonctionnement dont la pertinence et la « scientificité » seront vérifiées par un va-et-vient entre de nouveaux énoncés et la règle formulée. Une batterie d’exercices conduira l’apprenant à maîtriser le mécanisme par une opération de généralisation.

La leçon de grammaire suivra la démarche suivante :

- présentation de phrases propres à mettre en évidence le mécanisme ou la notion étudiés,
- réflexion et manipulation des faits de langue en vue d’en comprendre le fonctionnement,
- exercices de systématisation dans l’intention de faire acquérir ces mécanismes.


Les types de grammaires

1- La grammaire traditionnelle

La grammaire traditionnelle se fonde sur des normes érigées en règles qui ont évolué à travers les siècles. Elle nomme les objets, les décrit et les classe.
La grammaire normative comprend l'analyse grammaticale et l'analyse logique, opérations encore présentes dans l’enseignement de langue tout au long du 20è siècle. L’étude porte sur des parties du discours (nom, adjectifs, préposition…) qu’il faut analyser en vue d’en repérer la morphologie ou d’en détecter les rapports (syntaxe). La phrase fait également l’objet d’étude.

L’étude grammaticale sert à définir aussi des normes en matière d’orthographe grammaticale, ou des usages lorsqu’il s’avère difficile de définir des règles, usages que l’enseignement s’efforce d’ancrer par des exercices de répétition et de dictée.

La grammaire normative a conduit à l’élaboration d’un métalangage (nature, fonction..) que les apprenants sont astreints d’assimiler et de réemployer.
 

2- La grammaire structurale

Avec l’avènement du structuralisme, les linguistes mettent l’accent sur la forme et la description formelle des énoncés. Il est question désormais de « structure » et de « système ».

Au niveau de l’analyse linguistique, les formes sont mises en relations avec les formes d’autres signes. Ainsi, la valeur du « le » dans la phrase « le livre est posé sur le bureau » va âtre déterminée par rapport aux autres éléments qui occupent la même place, en l’occurrence « ce », « mon » « un » « quel».

En matière de langue, le structuralisme a donné naissance à divers courants dont le distributionnalisme et la grammaire générative transformationnelle.
Le distributionnalisme a permis d’analyser la phrase en constituants immédiats  (SN, SV, SP). Tout constituant est formé d’un noyau avec des environnements qui lui sont attachés.

« Le livre est posé sur le bureau »

Deux opérations sont possibles :
1- sur l’axe syntagmatique (horizontal), il est possible de permuter un constituant : « bureau » prendra la place de « livre »
« Le bureau est posé sur le livre »
Au niveau grammatical, cette phrase est acceptable, car les deux éléments permutés appartiennent à la même classe (classe des noms)

2- sur l’axe paradigmatique (vertical), il est possible de commuter un constituant avec un autre : « sur » sera remplacé par « sous » puisque les deux éléments appartiennent à la classe « des propositions ».
« Le bureau est posé sous le livre »

En matière d’enseignement, l’usage de la permutation ou la commutation permet de générer une infinité de phrases. Les manuels d’enseignement, même ceux qui affichent des tendances communicatives, continuent à promouvoir ce type d’« exercices structuraux ».

3- La grammaire générative

Le distributionnalisme est l’un des fondements de la grammaire générative transformationnelle.

La théorie de la grammaire générative peut être décrite ainsi :
- tout locuteur est détenteur d’une compétence linguistique (connaissance qu’il a de sa langue),
- l’usage correct de la langue par le locuteur dans une situation déterminée manifeste sa performance.
- le langage est organisé en deux niveaux : structure de surface et structures profondes,
- la compétence intervient au niveau des structures profondes, et la performance au niveau de la structure de surface,
- la structure de surface correspond l’énoncé produit (niveau phonologique, sémantique, morphosyntaxique)
- les structures profondes correspondent aux différentes étapes de « transformations » que subit l’énoncé avant d’être achevé.

Exemple :
« La vitre n’est pas cassée par le passant »
 Cette phrase correspond à la structure de surface. Mais avant de prendre la forme finale, elle a dû subir un ensemble de transformations « automatiques et inconscientes » :

- une transformation négative, matérialisée par « ne pas »
- une transformation passive, exprimée par « être + participe passé + cp. agent »
- une transformation déclarative, exprimée par le « point »

Chomsky affirme qu’il existe une grammaire universelle qui s’applique à toutes les langues ; ce qui est différent, c’est l’énoncé final car les transformations qu’il subit s’actualisent différemment selon la structure et le fonctionnement des langues. 

4- Les grammaires de l'énonciation

L’énonciation est le processus par lequel passe la production d’un énoncé (choix lexical, syntaxique, assertion ou interrogation, temps de l’action…).
Communiquer, c’est produire un énoncé adéquat à une situation d’énonciation. Cette adéquation n’est effective que si l’énonciateur tient en compte un ensemble de facteurs.

Dans un énoncé, il est indispensable de savoir qui parle, à qui, où et quand.

C’est une approche qui permet d’expliquer par exemple l’emploi des temps dans un énoncé, des pronoms personnels, la distance que prend l’énonciateur à l’égard de son énoncé, le degré de son implication dans l’action rapportée…

5- La grammaire textuelle

La grammaire textuelle est une approche de la langue dont le traitement dépasse le cadre de la phrase pour aborder le texte, c’est-à-dire toutes les phrases et leurs relations : les temps verbaux, les repères énonciatifs, les anaphores, la cohésion et la cohérence.

La présence et la valeur d’un constituant ne peuvent être expliquées qu’en référence aux rapports qu’il entretient avec d’autres constituants.
Cette approche trouve son application en étude et en production de texte. Elle fournit en outre une nouvelle conception de l’étude grammaticale : le texte est le champ propice de l’étude des éléments linguistiques.

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